Santé du cheval : Petit guide des allergènes équins

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L’allergie, c’est cette façon dont le système immunitaire de votre cheval réagit anormalement face aux substances inoffensives du quotidien. Votre cheval peut être exposé à ces substances, également appelées allergènes, par inhalation ou ingestion, mais le plus souvent par contact direct de l’allergène avec la peau.
Après exposition, le corps reconnaît et qualifie ces allergènes d’« étrangers » et commence à produire des médiateurs inflammatoires qui vont initier la réaction allergique. Les allergies peuvent être héréditaires mais peuvent également se développer au fil du temps après des expositions répétées. On fait le point !

Santé du cheval


Quels sont les différents types d’allergies ?

Chez la plupart des animaux, les premiers signes d’allergie apparaissent entre 1 et 6 ans.

Les types d’allergies les plus courants sont l’hypersensibilité aux piqûres d’insectes et l’atopie, certains chevaux souffrant des deux simultanément.
Les symptômes de ces différents types d’allergies peuvent être très similaires, ce qui rend souvent difficile la distinction.

Parmi les différents types d’allergies, nous retrouvons généralement :

  • Morsure d’insecte. Sensibilité aux protéines de la salive.
  • Sensibilité à des composants du régime alimentaire, comme l’avoine.
  • Allergie à des matériaux tels que le cuir, le métal et les tissus.
  • Sensibilité aux antibiotiques, antiparasitaires et autres médicaments.
  • Sensibilité au pollen, aux acariens, aux moisissures et au contact d’autres animaux. Les acariens sont de minuscules insectes, à peine visibles à l’œil nu, que l’on retrouve dans les écuries ou les granges du monde entier. Ce sont leurs excréments qui contiennent des protéines qui provoquent des réactions allergiques continues chez les chevaux.

Les acariens : Un fléau parmi les allergènes

Les acariens prospèrent mieux dans les environnements où l’humidité et la température sont élevées.

Les acariens : Un fléau parmi les allergènes

Ils se nourrissent des squames de peau des humains et des animaux. Leurs terrains préférés ? Les tapis de selle, les couvertures, les bottes et les kits de toilettage !
L’acarien de poussière domestique (Dermatophagoïdes pteronyssinus) reste le type le plus connu mais l’on rencontre également l’acarien Farinae, qui lui prospère dans le foin, les céréales et la litière.

Comment réduire l’exposition aux acariens de poussière domestique et de stockage ?

Les acariens de stockage sont difficiles à contrôler, tout comme les acariens de la poussière domestique. Malgré tout, des conseils peuvent être utiles pour limiter l’exposition.

  • Minimiser la poussière dans la grange et envisagez d’acheter un tapis en caoutchouc pour installer votre cheval.
  • Pensez à garder le cheval à l’extérieur, ou du moins à limiter son confinement.
  • Essuyez son museau avec un chiffon humide après avoir chaque repas pour éliminer les restes de nourriture et garder les seaux et les bacs propres.
  • Utilisez des contenants hermétiques pour conserver la nourriture et stockez-la au frais, dans un environnement sombre et sec.
  • Lavez les couvertures, les tapis de selle et les bandages régulièrement avec de l’eau chaude à 600°C.
  • Réduisez les stocks alimentaires en achetant de plus petites quantités. La durée de stockage maximale ne devrait pas excéder 30 jours.
  • Gardez l’humidité et la température dans la grange inférieures à 45% et 210C. Pensez à utiliser un déshumidificateur.

Les insectes

Parmi les allergènes, les piqûres d’insectes peuvent être responsables de nombreuses réactions allergiques. Eux prospèrent mieux dans les environnement humides tels que les rivières, les lacs et les zones boueuses.

On dénombre 3 types d’insectes principaux : les Culicoides, les Culex et les Tabanus.
Les Culicoides (moucherons) se reproduisent dans la végétation aquatique, dans les courants lents, sur sol humide mais aussi dans les tas de fumier. Ils attaquent généralement au crépuscule ou à l’aube, et ne mesurent pas plus de 1 à 2 mm de long. Ce sont les femelles qui attaquent, le sang de leurs proies étant nécessaire aux œufs fécondés.

Les Culex, ou moustiques, se reproduisent dans toute forme d’eau stagnante, mais certains se trouvent également dans les feuilles, les trous d’arbres et les roches. Les protéines de la salive peuvent ici encore provoquer une réaction allergique.

Les insectes


Les tabanus enfin, ou taons, se rencontrent dans le monde entier, à proximité des lacs et des rivières. Ils préfèrent voler de jour et éviter les zones sombres. La nuit, ils sont inactifs.
De 6 à 25 mm, les taons varient en taille et sont connus pour être extrêmement bruyants pendant le vol.
Les femelles mordent les animaux et les humains. Elles ont besoin de sang pour le développement de leurs œufs.


Conseils pour réduire l’exposition aux insectes

Réduisez l’exposition aux insectes en éloignant les chevaux des eaux stagnantes, du fumier, des tas de compost et dubétail.

Placez des ventilateurs à l’intérieur de votre écurie.

Le pollen

Les chevaux sont le plus souvent exposés aux pollens par inhalation et absorption cutanée. Les symptômes de l’allergie sont principalement saisonniers et peuvent être différents selon les végétaux.

Graminées

Les graminées sont des plantes à fleurs qui libèrent du pollen principalement de juin à septembre. Les graminées comprennent les graminées céréalières, les bambous, les graminées des prairies naturelles, les pelouses cultivées et les pâturages.

Pollen

Les pollens sont les cellules reproductrices des graminées, des cultures, des plantes et des arbres.
Ces très petits granules de pollen peuvent être distribués par le vent sur plusieurs kilomètres. Des millions de pollens peuvent flotter dans l’air, notamment les jours chauds et venteux.

Le dactyle pelotonné notamment est une graminée commune qui pousse sur les bords des routes, les pelouses, les champs, les berges, les prairies et les terrains vagues. Il est principalement utilisé pour le pâturage et le foin, mais il est également planté pour couvrir le sol et stabiliser le sol.

La fléole des prés de son côté pousse dans les champs, les prairies et sur les bords de routes, dans les climats plus frais et humides. Elle se trouve couramment dans le foin et est semée dans les pâturages pour le fourrage. C’est l’herbe des prés la plus cultivée.

Même l’avoine cultivé peut compter parmi les allergènes ! Attention également aux orties, aux pissenlits et à l’ambroisie.


Conseils pour réduire l’exposition aux pollens

Les pollens étant en suspension dans l’air, il n’est pas possible de les éviter complètement. Vous pouvez cependant :

  • Restreindre les activités de plein air.
  • Mettre le cheval au pâturage seulement le matin, le soir ou après une pluie, lorsque les quantités de pollen sont faibles.
  • Utiliser des couvertures sèches et des bandages pour les jambes à l’intérieur.
  • Minimiser la poussière dans la grange.
  • Garder les fenêtres et les portes de la grange fermées les jours venteux.

Les moisissures

Les moisissures provoquent des symptômes allergènes tout au long de l’année, avec un pic au printemps et en automne. Elles peuvent être trouvées sur les surfaces humides telles que les murs, les plafonds, les sols, les fenêtres et les cadres de fenêtres.

Les chevaux sont particulièrement sensibles aux spores de moisissures. Les moisissures libèrent des spores qui peuvent être facilement distribués par le vent.
L’Aspergillus par exemple est présent dans le sol, dans les aliments et sur des surfaces humides (salles de bains, sous-sols et réfrigérateurs).

Conseils pour réduire l’exposition aux moisissures

Si votre cheval est allergique aux moisissures, suivez ces conseils pour limiter l’exposition.

  • Nettoyez les surfaces avec un nettoyant anti-champignons.
  • Évitez les promenades en forêt en automne ou par temps humide.
  • Réduisez l’humidité et augmentez la ventilation à l’intérieur.
  • Pensez à garder le cheval à l’extérieur ou à restreindre le confinement.
  • Séchez votre équipement à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur.
  • Donnez du foin à l’extérieur ou envisagez un autre type de foin.
  • Minimisez la poussière dans la grange.

Médicaments, vermifuges et vaccins

Les véritables réactions allergiques aux médicaments ou aux vaccins sont rares, mais dans quelques cas, les conséquences peuvent être mortelles.

Habituellement, un cheval allergique présentera un gonflement localisé sur la zone d’injection, avec éventuellement une poussée d’urticaire sur tout le corps. Dans de rares cas, le cheval peut développer une anaphylaxie, une réaction de choc systémique. Cela se produit généralement soudainement, peu de temps après l’administration du médicament ou de l’agent. Et le cheval peut s’effondrer et mourir s’il ne reçoit par un traitement vétérinaire immédiat.

Les réactions à la pénicilline entraînent souvent la mort immédiate. C’est cependant très rare.

Un cheval qui a déjà eu une réaction allergique à un certain médicament ou vaccin peut avoir une réaction plus grave la fois suivante.

Discutez de toute préoccupation avec votre vétérinaire. Si un cheval réagit à un vaccin, il peut être hypersensible à l’adjuvant du produit, l’ingrédient qui stimule une réponse renforcée du système immunitaire. Le meilleur traitement reste d’arrêter de prendre ce médicament.

Suppléments et shampoing

Les compléments alimentaires et les bains cutanés peuvent également améliorer la peau de votre cheval et réduire les symptômes d’allergie. Demandez à votre vétérinaire les produits les plus adaptés à votre cheval !

Les chercheurs commencent tout juste à comprendre comment fonctionnent les allergies équines et en quoi elles diffèrent de celles qui surviennent chez d’autres espèces. L’espoir est qu’un jour, même l’allergie équine la plus grave sera entièrement traitable. Et que des fléaux comme les démangeaisons et même les vomissements pourraient faire partie du passé.

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